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Chapelles et sites

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La communauté pastorale de Quintin (paroisses de Plaintel, Plœuc sur Lié et Quintin)
compte 11 chapelles et sites où ont lieu des pardons ou des messes.


Chapelle et site de Sainte Anne du Houlin à Plaine Haute

A hauteur d'homme la différence d'aspect
des murs marque la reconstruction
 La grotte creusée en 1895 à l'initiative
de l'abbé Saulnier
Dans la chapelle, la statue de Sainte Anne,
avec Marie et l’Enfant-Jésus

DATE : XIIIe siècle, restaurée en 1810, 1847 et 1978… après avoir été incendiée lors de la révolution de 1789 et vendue pour destruction.

PARDON : Dimanche le plus proche du 26 juillet (voir la page des messes sur ce site).

LOCALISATION : Lieu-dit Sainte-Anne du Houlin, 22800 Plaine-Haute – GPS : 48.456091, -2.832471

POURQUOI CE MOT « HOULIN » ? Plusieurs hypothèses peuvent être émises :
  1. Il viendrait de l'ancien scandinave « hol » qui veut dire « caverne ». En pays gallo, les houles sont des grottes creusées dans les falaises ou à flanc de vallée, comme c'est le cas ici.
  2. Est-ce une déformation du mot Hellin, nom d’une seigneurie locale ?
  3. Est-ce un dérivé de Houlle provenant de Olla, expression latine désignant un pot, une marmite et par extension un bassin ?
  4. Houllin, est aussi le nom de l'un des traités de la cinquième génération de la Torah (170 − 200).
HISTOIRE DE SAINTE ANNE DU HOULIN :
  • C’est au XIIe siècle que se serait répandue en Occident la dévotion à Sainte Anne, la grand’mère de l’Enfant-Jésus ! En maint endroits ce culte est venu se greffer sur une vénération encore bien plus ancienne : Ana, déesse de la fertilité, mère des Dieux d’Irlande. Précisons, en outre, qu’en breton Anne se dit Anna avec prononciation d’un n seulement. Le nom est donc absolument identique à celui de la mère des Dieux d’Irlande.

  • Il est très difficile de dater le culte voué à Sainte Anne au village du Houlin. Certains écrits font remonter l’existence d’un oratoire au XIIIe siècle, ce qui est difficilement vérifiable. Ce qui est certain, c’est qu’une chapelle existait en 1529.

  • Pendant la révolution à Plaine Haute, la population « s’installe dans l’illégalité ». Les offices du curé constitutionnel sont ignorés ou perturbés, on leurs préfère les prières collectives. D’autant que la nouvelle de l’exécution de CORMEAUX, curé de Plaintel, guillotiné à Paris le 21 Prairial an II (9 juin 1794), émeut toute la région et décuple sa rancœur.

    Le 25 messidor (dimanche 13 juillet 1794), de grands rassemblements de « personnes qui chôment le dimanche » agitent le bourg et le village de la Forge. Il n’en faut pas plus, pour que le Directoire du Département, furieux et bafoué par tout ce tumulte, ne frappe fort : Tandis que BESNE, l’accusateur public, établit un mandat d’arrêt contre Laurent GICQUEL et Pierre BIDAN, Maire et Agent National de Plaine Haute, accusés « de n’avoir pas prévenu ni dissipé les rassemblements », ordre est donné de détruire la chapelle du Houlin !

    La prévoyance et la ruse des pieux habitants du voisinage vont cependant permettre à la précieuse statue de « la maitresse des lieux » d’être sauvée. Ils enlèvent la statue de la chapelle et la transportent dans un champ voisin où ils l’enfouissent. Entre temps, le 26 thermidor (13 août) la chapelle du Houlin (du moins ce qui en subsistait après l'incendie) a été mise en adjudication. « A la charge expresse de la démolir et d’enlever les matériaux, de manière qu’il n’en resta aucun vestige ».

    Le coup d’Etat du 19 brumaire an VIII (9 novembre 1799) et la pacification qui s’en suit sont bien accueillis par une population épuisée, enfin soulagée par la signature du Concordat. Le 25 nivose an XII (16 janvier 1803), la chapelle Sainte ANNE est rendue au culte et mise à disposition de l’évêché. Autour du nouvel autel improvisé, « les populations de plus de dix lieues à la ronde accourent rendre hommage à la statue protectrice ».

  • En 1895, l’Abbé LE SAULNIER « aménage » le cadre du Pèlerinage. A cet effet, il mobilise aisément les bonnes volontés et les offrandes. Les travaux de nombreux ouvriers bénévoles transforment le massif rocheux délimitant la prairie face à la chapelle. Un Chemin de procession est tracé et marqué de quatorze croix de bois, symbolisant les stations du Chemin de Croix. Il accède à un important calvaire érigé au sommet de la colline. Face à la prairie, une « grotte de Lourdes » est creusée dans le rocher, et ornée d’une statue de la Vierge.

  • En 1923, la couverture de la chapelle est entièrement renouvelée.
  • En 1935, ses dépendances sont restaurées, un nouveau Chemin de Croix y est établi. Une chaire est construite devant la grotte, désormais reliée au calvaire et à la prairie par un escalier cimenté, facilitant la progression des pèlerins.

  • En 1944, les cérémonies coïncident avec la Libération, et sont célébrées dans une certaine effervescence : Jusqu’en septembre, les pèlerins affluent à la chapelle, récemment restaurée, mais à la clôture des Pardons… en octobre, « la paroisse n’est pas représentée par plus de dix personnes ». L’année suivante, l’Abbé ANDRE doit supprimer la procession de clôture des Pardons… Faute d’assistance.

    A force de diplomatie et d’initiatives, l’Abbé LE DREAU, arrivé en 1957 redonne aux pardons l’élan et l’écho qu’ils étaient en train de perdre.

  • En 1974, une statue en granit est érigée sur le site… à quelques pas du lieu dit Keranna. Quatre ans plus tard, la chapelle est habillement restaurée et retrouve, en partie son aspect d’origine.
  • En 1983, désolé par le manque d'intérêt que suscite Sainte Anne, Jean-Claude PINCEMIN reprend en main la destinée du site.
la statue du sanctuaire
Le sanctuaire surplombe du trentaine mètres la vallée et la chapelle

Travaux accomplis depuis 1983 :
  • 1983 : Dégagement  du chemin communal donnant accès à l’esplanade.
  • 1985 : Élargissement du chemin de croix sur 400 m. de longueur.
  • 1986 : Nettoyage de la côte, du côté grotte.
  • 1987 : Le 13 juin, réparation de l’escalier de la grotte ; risque d’éboulement et chute d’arbres. il y avait danger pour les visiteurs et pèlerins. Donc plus de 25 tonnes de ciment sont apportées à la sueur des fronts (27 personnes pour refaire les 104 marches).
  • 1987 : Les 16 et 17 octobre, un ouragan cause d’énormes dégâts dans toute la Bretagne et notamment dans toute la vallée du Houlin. La plupart des arbres qui faisaient la beauté du site sont déracinés.
  • 1988 : Plantation de 125 arbustes variés (noisetiers, rhododendrons etc…). Ce travail est effectué par 8 bénévoles heureux de parachever le jardin de Sainte Anne
  • 1989 : Devant l’ampleur du travail et poussé par l’équipe de l’époque, Jean-Claude décide de monter une association et après deux réunions celle-ci à vu le jour en 1990
  • 1990 : Pose de bancs fixes sur l’esplanade.
  • 1990 : Le 29 juin, création de l’Association des amis de Sainte Anne. Son but est le maintient du culte et entretien du site du Houlin.
  • 1991 : Chemin de croix (14 croix refaites), échange de la croix, restauration du christ et plantation d’arbres dans la côte.
  • 1992 : Réception de la goélette après d’importants travaux.
  • 1993 : Réfection de la fontaine, de la grotte, de la sacristie sur l’esplanade.
  • 1994 : Plantation d’une haie le long du chemin de croix.
  • 1995 : Réfection des peintures de l’ensemble.
  • 1996 : Participation au concours de fleurissement (3ème prix obtenu).
  • 1997 : Construction d’un mur de soutènement vers l’esplanade, devenu escalier d’honneur.
  • 1998 : Installation d’une statue de la Vierge Marie dans une niche fermée par une porte (statue offerte par une fervente de Sainte Anne).
  • 1999 : Restauration de la grotte (avec goujonnage en laiton).
  • 2000 : Taille de haies et arbustes.
  • 2001 : Installation de l’eau et de l’électricité par voie souterraine à la sacristie de l’esplanade.
  • 2002 : Mise en place d’une équipe permanente d’entretien
  • 2003 : Peinture d’ensemble sur l’esplanade, réfection de la fontaine de la chapelle.
  • 2004 à 2008 : Entretien du site (peinture de la sacristie….).
  • 2009 : Étanchéité extérieure de la sacristie de l’esplanade, et dallage intérieur de celle ci, taille de la haie. Fabrique et pose d’un banc face à la grotte pour les gens désirant se recueillir.
  • 2009 : En l’honneur de l’abbé Saulnier une croix a été placée dans les marches accédant à la grotte, et à été bénie par notre Évêque, Mgr Fruchaud le 19 juillet, jour du pardon 2009. En 1895 l’abbé Saulnier, recteur de Plaine Haute de 1847 à 1907, aménage le cadre du pèlerinage en créant le chemin de croix et une grotte de Lourdes est creusée dans le rocher.
  • 2010 : En mars, pose d’une plaque sur la croix en hommage à l’abbé Saulnier.
  • 2010 : Le 17 mai, enduit des murs extérieurs de la sacristie de l’esplanade et peinture avant le pardon.

  • Revue de presse : « L’association des amis de Sainte Anne lance en 1990 des travaux de réhabilitation du site. Un chemin de croix, menant à l’esplanade située sur les hauteurs du bourg, est réalisé, Les sous-bois accueillant sont aménagés de belle façon, le parcours montant de 300 mètres offrant aux pèlerins, un cadre adéquat pour le recueillement. L’esplanade dispose également d’un deuxième accès, au bout de la superbe prairie verte faisant face à la chapelle. Les bénévoles ont créé là un escalier de 104 marches débouchant sur le sanctuaire. Au milieu de celui-ci, gît une petite grotte et une statue en l’honneur de Sainte-Anne. Une petite fontaine naturelle vient égailler le tout. Simplement sublime. Le lieu de culte, en haut des marches, ne dépareille pas avec l’ensemble, tant la quiétude et le charme qui se dégagent de l’endroit semblent propices à la prière et la méditation. Le cadre magique de l’endroit, de la chapelle à l’esplanade, on le doit évidemment à l’association et au président, Jean-Claude Pincemin qui se démènent afin d’entretenir le site, et garantir l’ouverture de la chapelle chaque jour. Bref, permettre aux pèlerins et aux visiteurs de tous les jours, de venir se ressourcer dans un lieu mariant subtilement nature verdoyante et spiritualité »
  • De nos jours, le pardon réunit chaque année environ 5000 personnes.

VISITES : L’ouverture de la chapelle est assurée chaque jour.

Remerciements à MM. Jean-Claude Pincemin et Jean-Luc Cosson pour leurs documents

Chapelle Notre Dame du Beau Chemin à Plaintel

Notre Dame « de Bon Voyage » au XIXe siècle

DATE :
XIXe siècle.

PARDON : le 15 août

LOCALISATION : 101 Rue Notre Dame, 22940 Plaintel – GPS : 48.406759, -2.814748

HISTOIRE :


La chapelle actuelle est un édifice rectangulaire reconstruit au 19ème siècle. La première pierre fut bénie le 28 mai 1877 et une fois reconstruite, la chapelle fut bénie le 1er septembre 1879. Elle abrite une statue ancienne de Notre Dame du Beauchemin, de Ste Anne, de St Joseph et de St Jean Baptiste.

Le culte de Notre Dame du Beauchemin est très ancien. Les voyageurs qui allaient traverser la forêt de Lorges en direction de Ploeuc sur Lié ou en direction de l’Hermitage-Lorge (la route passait alors par le Champ Clos) faisaient une prière à Notre Dame du Beauchemin pour se préserver des dangers du voyage (d’où son nom).

L’ancienne chapelle devait appartenir à la famille de Robien. Pendant la Révolution française, suite à l’émigration de son propriétaire, elle fut confisquée et vendue avec les Biens Nationaux le 11 frimaire An 9 (2 décembre 1800) au citoyen Auguste Le Cardinal de Saint-Brieuc pour la somme de 700 F. Celui-ci restitue la chapelle à la paroisse de Plaintel et elle est rendue au culte le 4 août 1805.

Travaux récents :

-   1979 : réfection extérieure des murs
-   1984 : réfection de la toiture
-   1985 : installation de nouvelles portes
-   1986 : réfection des murs intérieurs
-   2010 : création d’un jardin public derrière la chapelle

MESSES en semaine, les mardis : (voir l'agenda des messes sur ce site)

LA CHANSON DE NOTRE-DAME DE BEAU CHEMIN :




Refrain :



Patronne de Plaintel, Vierge de Beau Chemin,
Du haut du paradis tendez vers nous la main,
Votre bras est puissant et votre coeur est doux,
Personne n’eut jamais en vain recours à vous.
1
L’on dit qu’aux temps passés, de profondes forêts
Couvraient nos landiers d’or et nos vastes guérets,
Et que nul voyageur ne traversait ces bois
Sans avoir élevé vers vous son humble voix.
2
Après avoir prié tout près de votre autel,
Le cœur réconforté, les hommes de Plaintel
Se mettaient en chemin, méprisant les bandits,
Des âmes et des corps persécuteurs maudits.
3
Et vous veilliez sur eux, Dame de Beau-Chemin,
Dans l’épaisseur des bois vous leur tendiez la main,
Sous votre sainte garde à l’abri des dangers
Ils allaient sains et saufs par des lieux étrangers.
4
Avant de commencer son voyage ici-bas,
Sur le point d’affronter de périlleux combats
Le chrétien, de nos jours, veut encore à genoux
Invoquer votre nom si puissant et si doux.
5
Bénissez les enfants, bénissez les vieillards,
Vers tous les affligés abaissez vos regards,
Que pas un malheureux, Mère, à vous n’ait recours
Sans obtenir enfin confiance et secours.
6
Vierge, faites briller sur nous un ciel d’azur,
Et que notre voyage en ce monde soit sûr,
Après ce triste exil faites-nous voir Jésus,
Et que tous vos enfants au ciel soient des élus.

Remerciements à M. Jean-Pierre Cotte pour ses documents


Chapelle St Gilles à Plaintel

DATE : XVIIe siècle.

PARDON : 1er dimanche de septembre

LOCALISATION : 15 La Cornillière, 22940 Plaintel – GPS : 48.438032, -2.821955

Vue extérieure
Les fresques sont de M. Hubert de Sainte-Marie

HISTOIRE :

La chapelle Saint-Gilles date du 17ème siècle. Elle fut construite par les Angier, seigneurs du manoir de Crapado actuellement disparu entre le bourg de Plaintel et Saint-Quihouët. Cette chapelle aurait remplacé une templerie ou une aumônerie des chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem installés au lieu-dit tout proche de l’Hôpital en Saint-Julien. Avec son clocheton, ses assises de pierre de granit, son contrefort, ses ouvertures dont l’une est en gothique flamboyant et sa pierre d’armoirie située au pignon nord, elle est caractéristique des chapelles bretonnes.

La chapelle est ornée des blasons des familles Angier de Crapado (de vair plein) et de Brangays (de sable au sautoir d’argent cantonné de 4 fermails de même), seules ou en alliance avec Angier. On peut encore y voir dans son dallage des pierres tombales.

Située à la limite de la commune de Plaintel, elle fit l’objet en 1821-1822 d’une sérieuse contestation de la part de la commune de Saint-Julien. Elle a été finalement incluse dans le territoire de Plaintel.

Vers 1970, l’édifice était très dégradé et menaçait ruine, Ne disposant pas des fonds nécessaires à sa restauration, la commune de Plaintel envisageait de l’abattre et de créer un oratoire avec ses éléments sculptés. Une association pour la sauvegarde de la chapelle fut constituée en 1975 et les travaux de restauration furent réalisés.


Deux événements historiques se sont déroulés à proximité de la chapelle :

  • Juillet  1791 : La tension est vive dans les paroisses avoisinantes. A Plaintel, l’abbé Cormaux, recteur depuis 1779 a refusé le serment à la Constitution civile du clergé et a quitté la cure. Les paroissiens le soutiennent et se réunissent la nuit à Saint-Quihouët puis à Saint-Germain pour l’entendre. Le samedi 17 juillet, c’est la grande procession de Sainte-Anne du Houlin. Le département et le district décident d’intervenir ce samedi soir en envoyant un fort détachement de patriotes, de gendarmes et de militaires en direction de Saint Julien.

    A la hauteur de la chapelle St Gilles, la patrouille rencontre un attroupement « assez considérable ». Les miliciens menacés tirent : au moins une femme est gravement blessée. Les paysans se sont dispersés. La troupe se regroupe autour de la chapelle. Vers minuit, la procession reprend du côté de Ste Anne du Houlin. La troupe se déplace vers St Julien et tire sur les manifestants. Un homme est gravement blessé à la poitrine, on ne saura jamais le nombre exact des blessés…

  • 18 juin 1815 : Combats des Blancs et des Bleus à la chapelle Saint-Gilles.

    Une colonne mobile de Fédérés volontaires occupe le bourg de Plaintel et traite la commune et le bourg en pays ennemi. Les royalistes étaient arrivés la veille au soir au château de Saint-Quihouët. Le lendemain à midi, ils vont s’embusquer sur la route de Quintin à Saint-Brieuc, près de la Croix Dolo. Quand la colonne républicaine commence à passer, un royaliste à la gâchette trop prompte ouvre le feu. Les républicains ripostent et le gros de la colonne se réfugie autour de la chapelle Saint-Gilles. Le combat sera intense : côté républicain, on compte une dizaine de tués et une soixantaine de blessés, côté royalistes, les pertes sont importantes mais impossibles à chiffrer. Le lendemain, les royalistes se portent sur le port de Dahouët pour protéger un débarquement d’armes et de poudre venant d’Angleterre et destiné aux insurgés.
Saint GILLES est très populaire en France.

« Plusieurs paroisses en Bretagne portent son nom. Au 6ème siècle, une abbaye fut construite sur son tombeau à Saint Gilles-du-Gard. Comme elle se trouvait sur l'un des itinéraires des pèlerins qui se rendaient nombreux à Rome et à Compostelle en Espagne, l'abbaye de St Gilles et son tombeau devinrent également lieu de pèlerinage. Nous pourrions parler du Chemin de St Gilles comme on parle du Chemin de St Jacques !

La vénération que nous portons aux Saints est l'un des éléments de la piété populaire qui retrouve sa juste place dans la vie chrétienne, après un temps de purgatoire. Les saints de tous les temps sont l'Evangile vécu dans notre histoire humaine. Les saints sont la mise en valeur, sous tel ou tel aspect, de la richesse insondable du Christ.

Que le Pardon de St Gilles nous soit lieu et temps de rencontre fraternelle de réconciliation, d'affirmation simple de notre Foi. » (J. G. )



Lu dans le bulletin paroissial
« N° 408. 26 Août 1984 Abonnement : 30 Francs
Irnp. Gér. Recteur de Plaintel. C.C.P. 2032 18 L. Comm. Paritaire 42876.

LE PARDON DE SAINT GILLES

Le Dimanche 2 Septembre, nous nous retrouverons dans la Chapelle St GILLES, située entre les paroisses de Plaintel et de St Julien. La Grand Messe du Pardon sera célébrée par monsieur l’abbé BOTEREL et sera suivie de la Procession traditionnelle.

Je tiens d'abord à dire Merci à l’Association des Amis de la Chapelle St Gilles qui a mené à bien la Restauration de ce vénérable lieu de prière. Merci à tous ceux qui ont permis, par leur collaboration et leur contribution, la sauvegarde de ce patrimoine.

Nous avons maintenant une robuste chapelle, recouverte d’une bonne toiture. Les fresques modernes, aux couleurs vives, qui décorent la voûte et les murs, font l’admiration de tous les visiteurs. Je rappelle qu’elles sont l'œuvre d’un artiste de talent : Monsieur de Sainte-Marie. Elles évoquent en particulier les grands événements de la vie du Christ… L’humidité de l’un des murs nous inquiète un peu, mais que pouvons-nous faire ?

Très prochainement, comme il en avait été convenu, la Commune de Plaintel redeviendra propriétaire de la Chapelle et en assurera l’entretien ordinaire. Au nom de tous les paroissiens de Plaintel et des nombreux amis de St Gilles, j’en remercie Monsieur le Maire de Plaintel et toute la municipalité.

Après Notre Dame de BEAUCHEMIN, les plaintelais vouent à St Gilles une dévotion particulière. il est vrai que nous avons toujours quelque peur ou inquiétude à exorciser…
»

VISITES :  ???

Remerciements à M. Jean-Pierre Cotte pour ses documents

Chapelle St Just à Plœuc

DATE : 1681.

PARDON : dernier dimanche d’août

LOCALISATION : Lieu-dit Saint-Just, 22150 Plœuc-sur-Lié – GPS : 48.318145, -2.735859



HISTOIRE :


Cette chapelle située sur la route de Langast est la dernière survivante des nombreuses chapelles plœucoises. On la date de 1681. Elle porte au-dessus de son entrée principale une pierre armoriée aux deux chevrons comme les armes des seigneurs de Plœuc.

Pourquoi les fidèles de Plœuc-sur-Lié montrent-ils une dévotion particulière à Saint Just dont le pardon fin août fut suivi jusque dans les années 1970 ? Jusqu’en 1920 la messe y était célébrée tous les dimanches, les vêpres y étaient chantées à 15 heures lors du pardon. Ce que l’on sait c’est que parmi les sœurs aidant les prêtres, desservant la paroisse et assurant l’instruction, il y en eut souvent à prendre en religion le nom de « sœur Saint-Just ».

Quel Saint Just vénère-t-on ?

La Statue de Saint-Just que détient la paroisse de Plœuc nous montre qu’il s’agit d’un des saints céphalophores. Le mot « Céphalophore » signifiant « porteur de tête » en grec, désigne des personnages qui ont été décapités mais continuent de vivre, se relèvent, prennent leur tête entre leurs mains et se dirigent vers l’endroit où ils désirent être inhumés. Nous vénérons donc à Plœuc-sur-Lié en sa chapelle Saint Juste de Beauvais, un saint dont l’existence est connue pour faire partie des martyrs de l’époque gallo-romaine. La tradition raconte que Juste, âgé de neuf ans, a été dénoncé comme chrétien, alors qu’il se rendait à Amiens avec son père, pour tenter de sauver un membre de leur famille emprisonné lors des persécutions ordonnées par l’empereur Dioclétien.

Il fut tué tandis qu’il confessait sa foi chrétienne. Quand il fut décapité, Juste prit sa tête détachée de son corps dans ses mains et continua à parler en proclamant sa foi.

Remerciements à Pierre-Michel Connen.

Chapelle du centre Jean XXIII à Quintin

Entrée du Centre Jean XXIII en 2010
avec son clocher et la statue de St Joseph
La chapelle en 2010. A la base, c'est un carré de 20 mètres par 20.
Son faux clocher est en fait un puits de lumière.

DATE : XXe siècle.

MESSES en famille (voir la page des messes sur ce site).

LOCALISATION : Entrée au niveau du 44 rue Rochonen, 22800 QUINTIN – GPS : 48.400201, -2.913852

HISTOIRE :

L’actuel Collège-Lycée Jean XXIII, comprend une chapelle toujours consacrée de nos jours. D’abord nommé « Petit Séminaire », puis « Séminaire des Jeunes » ce lieu, initialement destiné à la préparation au sacerdoce, semble tout naturellement devoir comporter une chapelle en ses murs. L’histoire n’en est pas aussi évidente.

Projet d'extension 1935 - 1940
Dans la chapelle, les rois mages, l'une des 14 tentures réalisées d'après les cartons de
M. Hubert de Sainte-Marie

Les années 1935 à 1940

Décision est prise d’une extension en trois phases. Le bâtiment existant se limitait alors à l’actuelle façade Sud avec son clocher et la statue de Saint Joseph. Mais le projet initial restera inachevé. L’aile Est, prévue en 1937-1938 pour héberger les classes s’est réduite à la construction d’un « moignon »). Le hall couvert et la chapelle prévus en 1939-1940 n’ont pas été réalisés. A cela, plusieurs raisons : la construction du Grand Séminaire près de Saint-Brieuc à Cesson, (1925-1928), la crise de 1929, un effectif modeste d’élèves, la seconde guerre mondiale, les dégradations intérieures dues à l’occupation allemande. En 1945, les moyens financiers manquent tant pour l’entretien que pour l’achèvement de la construction.

Septembre 1951

La loi Marie, permet aux élèves de l’enseignement privé de prétendre aux bourses d’État. Le Petit Séminaire de Quintin est le premier établissement des Côtes du Nord habilité. Il en résulte une augmentation constante de ses effectifs. Mais la chapelle, improvisée dans le réfectoire, devient vite trop étroite, tant pour les messes matinales quotidiennes, que pour les offices du dimanche et pour la manécanterie.
La quasi-totalité des élèves sont à l’époque pensionnaires. Ils résident donc sur place 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour toute la durée des trimestres scolaires. D’ailleurs, les dortoirs représentent les deux derniers étages des bâtiments. Ceci explique leur hauteur.

Les années 1957 à 1958

La construction de la chapelle tant retardée est décidée. L’abbé Yves Thomas est le supérieur de l’époque. Mais, pour des raisons de goûts, les plans antérieurs dessinés par M. Le Breton, architecte D.P.L.G. sont abandonnés. L’emplacement est aussi changé. En effet, l’aile Est de l’ensemble et le hall couvert n’ont pas été réalisés.


Le chantier de la chapelle, vu de l’intérieur du Collège-Lycée
La section carrée de la chapelle en construction

Le nouveau projet de chapelle est présenté par le père Cocagnac O.P., prêtre dominicain, M. Hubert de Sainte-Marie, maître verrier et l’abbé Joseph Martin, professeur. La construction se trouve confrontée à des imprévus, tant concernant l’entrepreneur que les travaux. Et par défaut de finances, la construction de l’orgue sera différée. Son inauguration aura lieu en 1960. Les fresques prévues ne pourront pas être réalisées. Mais, sous la direction de l’abbé Colleter et de Mme de Sainte-Marie, des tentures en kabic(1) conçues par des mains locales habiles, viendront orner les murs. Le niveau du plancher de la chapelle est surélevé par rapport au niveau naturel du sol, afin que le nouvel édifice n’apparaisse pas « trop écrasé » face aux hauteurs imposantes des autres bâtiments. Ce rehaussement donne, en cours de décision, l’idée d’aménager un sous-sol à usage de salle des fêtes.

D’un point de vue architectural cette chapelle, est la concrétisation des chapelles à sections carrées imaginées par le père Cocagnac. Le faux clocher intègre un puits de lumière, destiné à apporter un éclairage naturel à l’autel. Ce clocher se prolonge à l’intérieur, en arrière plan de l’autel et du chœur, par un pan incliné revêtu de lambris. La charpente métallique est supportée par des potelets métalliques sombres. M. de Sainte-Marie a cherché à en atténuer la présence par des motifs de vitraux incluant une teinte inhabituelle, le noir. L’aménagement intérieur, de l’entrée vers le chœur, suit une diagonale. Les bancs sont incurvés en arc de cercles. La simplicité apparente de la section carrée de base disparait dans cet aménagement.

La structure porteuse de la toiture est intégrée aux motifs des vitraux grâce une couleur inhabituelle, le noir.

(1) Kabic ou Kabig : Tissus très serré et foulé, imperméable et résistant, créé à l'origine par des goémoniers bretons.

Les années 1960


La chapelle sera le lieu de nombreux offices avec la participation de la manécanterie et la contribution de l’orgue. Les professions de foi des 6e s’y déroulent.

Mais la démocratisation de l’automobile et le généralisation des transports scolaires conduiront à un déclin du pensionnat et des cérémonies religieuses du dimanche. La majorité des élèves rentrent à leur domicile chaque week-end, voire chaque soir.

A la rentrée scolaire 2009

Le Collège-Lycée Jean XXIII comptait 940 élèves en internat, externat et demi-pension, dont une centaine en enseignement technologique. Seulement un élève sur dix est pensionnaire. La chapelle est désormais le plus souvent le lieu de la célébration des messes en familles.

Remerciements à l’abbé Gaston Talbourdet pour ses documents et ses connaissances de cette page d’histoire locale.


Chapelle St Jean-Baptiste à Quintin


DATE : La chapelle de 1752 est dédiée à Saint Jean-Baptiste.

MESSES : Généralement tous les samedis soir (voir la page des messes sur ce site).

LOCALISATION : 1 Rue des Carmes, 22800 Quintin – GPS : 48.404058, -2.913348

HISTOIRE :

Les Travaux de Restauration de la chapelle

Dans la deuxième moitié du XXème siècle (1960) ; l’intérieur se dégrade et des travaux sont envisagés.
  • La tribune du premier étage offre un accès direct au couloir desservant les chambres des pensionnaires. Cela retient l’attention des décideurs. Une tribune semblable sera construite au second étage. Ainsi les pensionnaires se rendront directement aux offices en ouvrant simplement une porte à l’extrémité de leur couloir, sur les trois niveaux.
  • Le chauffage est rénové et offre un bon confort à l’assistance.
  • Le sol est recouvert de dalles d’ardoise provenant des carrières de Sizun.
  • Monsieur de Sainte-Marie, maître verrier à Quintin, est chargé de remplacer les vitraux : ils offrent un éclairage agréable. Les murs recrépis donnent de la clarté à l’ensemble.

La Statuaire

Dans le cadre de cette restauration, Monsieur de Bagneux, sénateur-maire, préside la commission administrative.

Les niches du chœur abriteront désormais les quatre évangélistes en bois ciré :
  • Jean, l’aigle, et Marc, le lion, sont l’œuvre de Bernard NICOLLON DES ABBAYES.
  • Luc, le taureau, et Matthieu, l’ange, ont été réalisés par Aleandro DOSSENA.
Les niches près du chœur sont occupées,
  • à droite par Marie-Madeleine (de Magdala d’où son nom), pécheresse convertie par Jésus. Elle fut présente à tous les moments privilégiés de la vie de Jésus, et de sa mort (les Saintes Femmes).
  • à gauche, par Marie l’Egyptienne, moins connue. Elle mena une vie de débauche à Alexandrie où elle se prostituait. Au cours d’un déplacement, elle alla au Saint-Sépulcre et se prosterna devant une icône de la Mère de Dieu, la suppliant de la faire admettre dans l’église pour adorer la croix. La Vierge obtint l’entrée de Marie au Saint-Sépulcre et sa conversion. Marie gagne alors le désert d’Egypte où elle vivra pendant 47 ans avant de mourir en 492.
Ces œuvres d’Aleandro Dossena, toutes deux simplement couvertes de leur longue chevelure, symbolisent le péché suivi du repentir.

Pour les niches situées dans les murs de la nef, après réflexion, le choix s’est porté sur les deux frères, Côme et Damien, respectivement patrons des médecins et des apothicaires. Pourquoi ces deux personnages ? Nous sommes dans un hôpital comportant un service médecine et une maison de retraite. Par ailleurs, je me suis laissé dire que Bernard des Abbayes qui les a réalisées en bois polychrome, est issu d’une famille de médecins : c’est peut- être cela qui l’a influencé.
  • A gauche, Saint Côme, vêtu en tenue de médecin de l’époque de Molière, est représenté administrant un lavement à l’aide d’une seringue à un patient grimaçant dont la posture n’échappe pas au visiteur.
  • A droite, lui faisant face, saint Damien, l’apothicaire, en tenue de la même époque, porte ses fioles contenant sans doute, quelques potions.

Le Retable

Constitué d’un portique à colonnes surmontées d’un baldaquin, le retable date du XVIIIème siècle. Il a été entièrement repeint par Monsieur Maurice LANGLAMET, peintre local. A remarquer : les faux marbres.

Au-dessus du tabernacle, deux statues en bois polychrome, représentent le Baptême du Christ par Saint Jean-Baptiste.

A la partie supérieure de cette imposante structure domine une Vierge de l’Assomption, les bras ouverts, du XVIIIème siècle. Ces personnages ont été redorés à la feuille d’or par Pierre BROUTE (peintre local).

Sur le mur à droite, est fixé un Christ en croix (XVIème - XVIIème) d’art populaire les pieds et les mains sont un peu disproportionnés.


Notre-Dame de la Bonne Délivrance

Dans le chœur, sur son piédestal, une Vierge noire couronnée, portant l’Enfant-Jésus sur son bras gauche et un sceptre dans la main droite, fait face à l’assistance. On la vénère sous le vocable de Notre-Dame de la Bonne Délivrance (à ne pas confondre avec Notre-Dame de Délivrance de la basilique). Cette statue est en plâtre. Les teintes de sa robe ont un symbole
  • le bleu, couleur de la chape de St Martin, apôtre des Gaules(+397),
  • le blanc, celle de l’étendard de Jeanne d’Arc (+1431),
  • le rouge, celle de l’oriflamme de Saint Denis, évêque de Paris (+275).
C’est une réplique de la statue au teint d’ébène (non en bois, ébène, noyer ou chêne, comme à Chartres, par exemple, mais en calcaire peint) située dans la chapelle de la Maison-Mère des Sœurs de l’ordre de St Thomas de Villeneuve, 52 Boulevard d’Argenson à Neuilly-sur-Seine.

Les religieuses de cet ordre ont assuré les soins aux malades dans l’établissement de la rue des Carmes du 2 Vendémiaire an XIII (24 septembre 1804) jusqu’au 31 mars 1987. De 1908 à 1958 avec beaucoup de dévouement la Mère Saint-Charles y consacra 50 ans de sa vie, dont une grande partie en tant que supérieure. Entre autre elle joua un rôle au cours des deux guerres mondiales particulièrement la seconde.

En 1952, elle reçut la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur au titre de la santé publique. A son départ en retraite, elle fut regrettée de tous.

Elle mourut à Quintin le 11 octobre 1961.


Extérieur

A l’extérieur, sur le pignon de la chapelle, côté rue deux niches actuellement vides, étaient occupées par deux personnages dénommés « bienfaitrice et pauvre », en bois polychrome, du XVIIIème, qui ont été entreposées à l’intérieur de l’établissement en attendant leur restauration

Au-dessus des niches, nous pouvons lire les inscriptions suivantes :

HIC ACCIPITUIR (celui qui reçoit) HIC DATU (celui qui donne)
(Demeure et Maison de Dieu)

Source : Jean-Yves ROSSIGNOL Avec l’aimable participation de François KERGOAT

Remerciements à Monsieur Jean LE BRAS, ancien Directeur de l’hôpital pour la mise à disposition du dossier d’archives de la chapelle.


Chapelle de St Germain (Lanvia) à St Brandan


LOCALISATION : Lieu-dit Lanvia, 22800 Saint-Brandan – GPS : 48.386636, -2.836077

La chapelle actuelle, d’un style très sobre, a été reconstruite en 1897, par les soins de l’Abbé Armand NAU, Recteur, lui-même soutenu par le Maire, Guillaume LIMON. C’était encore le régime concordataire qui prévalait.

Elle remplaçait une chapelle très ancienne qui, selon M. BUDET, Recteur en 1889, pouvait remonter au 13e siècle en raison du style du grand vitrail qui se trouvait derrière l’autel. La Cotale du Midi avait d’ailleurs été rebâtie en 1764, à en croire le chiffre qui avait été inscrit sur la porte. A l’époque ou St Brandan était une trève de Plaintel, cette chapelle servait de lien entre la « mère » et la « fille ». Compte tenu des grandes distances séparant les deux clochers de Plaintel et de Saint-Brandan, bien des paroissiens des deux paroisses se rendaient là pour la messe du dimanche (jusqu’à une date relativement récente).

Le magnifique retable de style baroque et les statues proviennent de la chapelle Saint-Fiacre de Quintin. Ils ont été achetés par les soins de M. Louis BO
TREL desservant de la paroisse de SAINT-BRANDAN, en 1822 Le retable est du 18e, la Vierge à l’Enfant est du 18e saint Germain du 17e et saint Maudez du 17e siècle. Sur le retable, on peut voir des oiseaux picorant sur des colonnades torsadées, agrémentées de feuilles de vigne et de grappes de raisin, apprécier le jus de la treille. C’est d’un œil bienveillant que saint Germain et saint Maudez les regardent comme s’ils étaient leurs hôtes.

Le pardon a lieu chaque année le 1er dimanche d’août. Autrefois, la procession qui avait lieu l’après-midi s’arrêtait à la fontaine qui se trouve de l’autre côté de la route. Celle-ci, en pierre de Kersanton, est encore bien conservée.

La tradition rapporte que les gens invoquaient saint Germain pour les nourrissons chez qui les coliques et les diarrhées étaient très fréquentes. Les parents venaient à la fontaine tremper une petite chemise qu’ils faisaient sécher ensuite « à l’ombre ». Ils emportaient de l’eau pour préparer les biberons du bébé et se rendaient ensuite à la chapelle pour prier et déposer leur offrande. Quelques personnes, en signe de remerciement, laissaient en ex-voto des pièces de layette : chemises, brassières et mêmes des bonnets, si bien qu’il y en avait un tas dans une des crédences du chœur. Mme QUINTIN rapporte que c’est sur l’initiative de l’Abbé MORIN Vicaire en 1932/33 que ces vêtements furent distribués à des familles nécessiteuses après avoir été bien lavés et repassés.

Exceptionnellement et en raison de la distance qui existe avec le bourg, le glas était sonné sur place pour annoncer les décès du village et des environs immédiats.

Remerciements à l'abbé Jean Le Rétif pour ses recherches

Chapelle de St Eutrope à St Brandan


LOCALISATION : 47 Saint Eutrope, 22800 Saint-Brandan – GPS : 48.391102, -2.906514

Sur la route reliant Quintin à Lanfains, au centre du village de Saint-Eutrope qui est un des villages les plus anciens de Saint-Brandan, et qui fut aussi l’un des plus riches, le voyageur peut apercevoir la chapelle Saint-Eutrope, vieil édifice du 16e siècle.

Bâtie sur un petit promontoire de granité, et forte de ses 500 années d’existence, elle jouit désormais d’une santé renouvelée. Grâce aux efforts conjugués d’une association créée en 1977, les Amis de la chapelle Saint-Eutrope, et de la municipalité, elle a été entièrement restaurée entre 1978 et 1988.

Vouée au culte de saint Eutrope, évêque de Saintes, la chapelle accueille désormais chaque année le pardon annuel, le dernier dimanche d’avril, le dimanche le plus proche de la Fête de saint Eutrope, célébrée le 30 avril.

La chapelle de Saint-Eutrope servait de chapelle funéraire à la famille de ROBIEN. Les voussures intérieures et extérieures de la fenêtre du chevet portent la maxime « QUOI Q L’ON DIE DE ROBIANNE, ANCORE » que l’on pourrait traduire en langage d’aujourd’hui par « QUOI QUE L’ON DISE, JE SUIS ENCORE DE ROBIEN ». C’était une allusion probable au mariage de Claudine de ROBIEN avec le chevalier GAUTRON, si bien que le nom de ROBIEN se serait transmis probablement par l’épouse, faute d’un fils dans la famille de ROBIEN. En 1847, M. GOUPILLERE, alors recteur de SAINT-BRANDAN, écrivait que l’on accédait au caveau funéraire par 7 marches et que la fouille effectuée dans ce lieu n’avait apporté aucun résultat. Aujourd’hui le caveau n’est plus accessible.

La chapelle et ses dépendances furent vendues comme bien national, le 11 Primaire de l’an neuf au citoyen Le CARDINAL, agissant pour le compte de Françoise DIGAULTRAY de Quintin qui en fit cadeau à la paroisse de SAINT-BRANDAN, peu avant sa mort, en 1820.

La chapelle est devenue propriété communale en 1905 par la loi de Séparation de l’Eglise et de I’état Depuis 1978, des travaux importants furent effectués. Les portes et la charpente furent confieés au soin de l’entreprise ESCABATISSOL ; le travail de maçonnerie et la restauration des pierres à l’entreprise Le Chanu. la toiture à Michel LOISON ; l’enduit intérieur à l’entreprise PERREIRA ; les vitraux à l’entreprise BALADI ; et la restauration des statues à M. de FONDEVILLE de BUBRY (56).

Saint Eutrope, patron de cette chapelle funéraire était évêque de Saintes au IIIe siècle. Sa renommée était grande avant et après sa mort. Inhumé dans la basilique actuelle de Saintes, il est honoré par les foules qui viennent près de son tombeau. Son nom viendrait du grec Eutropos qui veut dire « celui qui tourne à bien ». Il est probable que le culte de saint Eutrope, célébré dans cette chapelle, ait été apporté par les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle en Espagne. Ceux-ci s’arrêtant à Saintes qui était une étape importante de leur pèlerinage, auraient fort contribué à répandre son culte dans les 129 localités françaises où le saint est honoré. Il est à noter que l’on attribuait à celui-ci des dons de guérisseur, spécialement pour les maux de tête et l’hydropisie, ou « mal de Saint-Eutrope ». A Saint BRANDAN, les plus anciens se souviennent encore que l’on venait à Saint-Eutrope tremper le linge dans la fontaine qui se trouve au pied de la chapelle pour l’appliquer sur ceux qui souffraient de ces maux.

On priait aussi saint Eutrope comme protecteur contre les gelées, et en particulier le 30 avril, jour de la Fête qui se trouvait être située au moment où les jeunes pousses sont encore délicates. Cette thèse qualifiant la chapelle Saint-Eutrope en SAINT-BRANDAN de halte pour les pèlerins saint-jacquaires est retenue par Jean FARDET qui, dans une étude récente, situe celle-ci sur le chemin qui partait de Paimpol pour aller jusqu’au gîte des Hospitaliers de Pontivy.

Quelques caractéristiques de la chapelle

De forme rectangulaire, elle est de style gothique. La verrière principale en est le plus beau témoignage. Les deux portes en granité local, en forme d’ogive, rappellent les portails des cathédrales. À chaque coin, quatre gargouilles montent la garde depuis un demi-millénaire. Il semble en effet que le la date de construction se situerait vers 1569, date du mariage de Claudine de ROBIEN et du chevalier de GAUTRON. Le petit campanile qui sert de clocher, restauré en grande partie dans la dernière décade, abrite une cloche bénite le 15 juin 1722 avec l’attribution du nom de Pauline-Jeanne CORCISE. Pierre RICHARD de CARDRY et Jeanne RICHARD de LA VILLE-HURDY furent les parrain et marraine.

Si les poutres « engueulées » n’ont pu être sauvées au cours de la restauration en raison de leur trop mauvais état, les huit statues en bois parfaitement restaurées ont retrouvé leur place ancestrale. Ce sont : la Vierge à l’enfant (XVIe siècle) ; grande statue de saint EUTROPE (XVIIe siècle) ; saint Bliaise (entre le XVIIe et le XIXe siècle petite statue de saint Eutrope (XVIIIe siècle) ; saint Armel (fin du XVIe siècle) ; sainte Anne et la Vierge (fin XV siècle), Statue du Christ en croix (XVe ou XVIe siècle ; saint Jean-Baptiste (XVIe siècle).

Remerciements à l'abbé Jean Le Rétif pour ses recherches

Chapelle Notre Dame de Kerdrouallan à St Gildas

DATE : XVe siècle.

PARDON : le 2ème dimanche de septembre.

LOCALISATION : Lieu-dit Kerdroualan, 22800 Saint-Gildas – GPS : 48.431200, -3.017835

CONCERTS : 2ème dimanche de juin (chorales, musiciens).

HISTOIRE NOTRE-DAME DE KERDROUALLAN (ou KERDIWALLAN) :

Elle est voisine d’une fontaine, autrefois réputée guérir les enfants ayant des difficultés à marcher. Agrandie en 1740, elle a été érigée en chapelle de secours le 22 mai 1822, sur ordonnance du roi Louis XVIII.

A partir de de 1995 elle a été restaurée intérieurement et extérieurement  par l’Association « Les amis de la chapelle Notre-Dame de Kerdrouallan ». Elle comprend quelques restes du XVe, réemployés. Elle renferme aussi du mobilier restauré. Elle abritait des statues de la Vierge et de St Joseph (XVIIIe) qui ont été transférées à l'église de St Gildas où elles sont toujours visibles.

Elle est entourée d'un enclos, dont la restauration s'achève en 2010.

Saint Gildas était autrefois une trêve du Vieux Bourg.

VISITES : Ouverte pour les visiteurs tous les dimanches et jours fériés de 9h00 à 19h00 et sur demande les autres jours. (contact : Annick et Albert Richard, Kervégan 22800 Saint Gildas Tél : 02 96 74 02 40, Office de Tourisme du pays de Quintin 6 place 1830 22800 QUINTIN, Mairie Bourg 22800 St Gildas 02 96 74 90 63).



Chapelle St Roch à Saint-Martin-des-Prés


DATE : XVIe siècle.

PARDON : le 3e dimanche d’août.

LOCALISATION : Lieu-dit La ville Morvan, 22320 Saint-Martin-des-Prés – GPS : 48.314712, -2.955000

Cette chapelle dépendait autrefois du Manoir de Cléhunault.

Restaurée à partir de 1990 par l’Association « Les Amis de Saint Roch », elle renferme la statue de Saint Roch avec son chien et celle de Sainte Apolline ainsi qu’un retable en bois polychrome du XVIIe ou XVIIIe siècle inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques.

HISTOIRE DE SAINT ROCH :

Invoqué contre les maladies contagieuses, il est né à Montpellier au 13e siècle ; orphelin, il est élevé par son oncle. Il vend tous ses biens pour secourir les pauvres et mène une vie de pèlerin. Il attrape la peste à Rome. Revenu à Montpellier et pris pour un insurgé, il est jeté en prison dans la cave de son oncle qui ne l’a pas reconnu ; il y meurt cinq ans plus tard.

Vitrail de René RAULT (1992) a pour thème « je crois en Dieu le Père, Force Créatrice de l’Univers visible et invisible ».

Statue extérieure de Saint Roch sculptée part François Guilly (2000).


VISITES : Contacter Mme COLLIN, 4 la Ville Morvan - 22320 St Martin des Près Tél. : 02 96 32 42 66

Remerciements à l'association des Amis de Saint Roch


Le site à Ste Anne (Berthouan en St Brandan)

Une des plus importantes catastrophes ferroviaires au 19ème siècle s’est produite 500 mètres après le pont de Berthouan, en Saint Brandan, en direction de Saint-Brieuc.

La statue commémorative
Les locomotives enchevêtrées (photo du 27/07/1895)








Un pardon se déroule sur ce site
chaque année,
le samedi le plus proche du 26 juillet.


(consulter les horaires des messes)


LOCALISATION : Lieu-dit Bertouhan, 22800 Saint-Brandan – GPS : 48.411187, -2.841760

Alors que le train ramenait des pèlerins de Sainte-Anne-d’Auray, ravis de ce qu’ils venaient de vivre, l’une des locomotives s’emballa. Elle fit dérailler les wagons de voyageurs, tamponna la locomotive de tête et l’entraîna hors des rails. La vitesse n’était sans doute pas supérieure à 40 kilomètres heure. Pourtant, de l’amas de ferraille tordue et de planches brisées, les sauveteurs arrivés à la hâte ont extrait 22 personnes qui avaient déjà cessé de vivre.

Le maire, M. Guillaume LIMON, présent sur les lieux, favorisa l’accueil des survivants qui, en un instant, avaient frôlé la mort et perdu souvent un parent ou un ami.

Il fallut beaucoup de temps aux techniciens des chemins de fer pour dégager la voie et la remettre en service. Durant plusieurs jours, comme l’atteste la photo prise le lendemain, des curieux vinrent voir le triste spectacle de deux machines enchevêtrées l’une dans l’autre.

Une association d’amis des victimes se constitua et fit élever sur les lieux de l'accident une statue à la mémoire des 22 personnes disparues dans cette catastrophe.

Remerciements à l'abbé Jean Le Rétif pour ses recherches