Un prêtre burundais à Quintin

publié le 21 août 2010 à 14:03 par Paroisse Quintin   [ mis à jour : 14 août 2015 à 14:18 ]

L’accueil au diocèse par Mgr Fruchaud
Je ne prétends pas être le premier burundais à me sentir heureux chez les Bretons des Côtes d’Armor, mais laissez-moi vous partager la joie que je ressens depuis mon arrivée à Quintin. Je m’appelle Honoré BIGIRIMANA ; je suis burundais et je suis prêtre depuis trois ans.


Depuis un an, je suis étudiant à Paris. Avant de venir en France, j’ai exercé mon ministère sacerdotal dans mon diocèse d’origine où j’ai été successivement économe au Petit Séminaire et économe général adjoint. Je n’avais jamais imaginé que je me retrouverai, un jour, loin de mon pays en train de servir l’Eglise.

Alors quel est le motif de ma présence dans le diocèse de Saint Brieuc-Tréguier ? Je suis en mission d’études à Paris à l’Institut Catholique. Mon évêque m’avait envoyé suivre des études d’économie. Afin de mieux intégrer le système universitaire français, il a voulu que je commence par passer un Diplôme Supérieur en Œcuménisme, et après quoi, je préparerai une licence en économie à la Sorbonne 1. Pour mes premières vacances d’été en Europe, j’ai choisi de venir en Bretagne. Ma demande a été bien accueillie et me voilà à Quintin.

A Quintin, c’est comme si je me trouvais dans mon village natal

L’expérience que je suis en train de vivre dans la Communauté Pastorale de Quintin m’ouvre à la réalité de l’Eglise universelle. Le Curé m’a ouvert à toute la communauté et je me sens à l’aise. Je connais maintenant tous les relais de Quintin et quelques-uns de Plaintel où j’ai eu l’occasion de célébrer l’Eucharistie, des baptêmes d’enfants et des obsèques. A Quintin, c’est comme si je me trouvais dans mon village natal, les Bretons sont aimables et bien accueillants. Je suis personnellement encouragé par la vie et la fraternité de trois prêtres en retraite (Abbé Henri Hillion, Abbé Jean Le Biannic et Abbé Jean Noël Eouzan) que j’ai considérés, avec amour et respect, comme mes grands-pères. Moi qui viens d’un pays où les personnes âgées sont très considérées, je les ai appelés sages. Malgré leur âge avancé, ils restent quand même disponibles pour le ministère sacerdotal.

Au Burundi, les églises sont toujours pleines

Le père Honoré célébrant l'Eucharistie
Du point de vue de la pratique chrétienne, j’ai remarqué qu’il y a peu de chrétiens pratiquants et cela nous étonne nous, africains, qui venons de lieux où les églises sont toujours pleines les dimanches. Mais cela peut être un signe d’espoir parce que c’est à partir de ce petit reste qu’il faut fonder l’espoir pour le renouvellement de l’Eglise de France. « Dieu a toujours fait preuve de son action toute puissante à partir d’un petit reste. »
Que faut-il vous dire de mon Eglise du Burundi ? L’Eglise du Burundi est jeune, elle est née autour des années 1898 et la première Paroisse a été fondée la même année. Ce sont les missionnaires d’Afrique qui ont évangélisé le pays.

Le Burundi compte plus de 800 jeunes prêtres

Avec 9,5 millions d’habitants en 2010, catholiques à 62%, le Burundi compte huit diocèses répartis sur deux Provinces ecclésiastiques, avec plus de 800 prêtres en activité dont la majorité a entre 35 et 45 ans. Un petit nombre de prêtres missionnaires parmi lesquels se trouvent aussi des Burundais reste sur place (les missionnaires d’Afrique, les Carmes, les Xavériens, les Franciscains, les Frères de Don Bosco, les Jésuites, les Dominicains, les pères doctrinaires, etc.). Cette Eglise a sept petits séminaires diocésains et trois grands séminaires inter-diocésains correspondants aux trois cycles (la Propédeutique, la Philosophie et la Théologie). Depuis une dizaine d’années, l’Eglise du Burundi connaît beaucoup de vocations sacerdotales et religieuses. Les petits séminaires comme les grands séminaires ont chacun un effectif de 150 séminaristes en moyenne et par an. L’Eglise du Burundi a aussi fondé beaucoup de congrégations de religieux et de religieuses autochtones. Ces religieux et religieuses sont aussi présents dans d’autres pays (Cameroun, Tchad, Italie, France, Espagne). En général, on peut dire que le nombre d’ouvriers apostoliques est suffisant sauf pour  certains diocèses qui ont moins de cinq ordinations par an.

l’État exige de chaque élève qu’il suive un cours de religion ou de morale

Le Père Honoré à la journée missionnaire à Broöns
A côté des séminaires, l’Eglise catholique s’est beaucoup investie dans l’enseignement primaire et secondaire ; elle tient aujourd’hui beaucoup d’écoles primaires et secondaires sous convention catholique dans lesquelles une éducation aux valeurs culturelles et chrétiennes occupe une place de choix. La Religion est obligatoire : l’Etat exige de chaque élève qu’il suive un cours de religion ou de morale. Selon une organisation propre à l’Eglise Catholique, des leçons de catéchèse sont aussi données dans les écoles publiques et un aumônier est nommé pour chaque école.

Je retournerai au Burundi à la fin de mes études en France. Mais pendant l’été 2011, je projette de revenir à Quintin apporter mon aide à la communauté pastorale.


1 NDLR : Le père Honoré parle le kirundi, le français, le swahili et l’anglais. Il possède de solides connaissances en informatique. Il a aussi suivi une initiation à la comptabilité anglaise.