UN STYLE NÉO-GOTHIQUE…

La Basilique Notre-Dame de Délivrance est un édifice néo-gothique, en forme de croix latine, fin XIXème, construit à l’emplacement de la Collégiale, bâtie en 1405 et détruite par un incendie en 1600. 


Longue de 67 m, sa largeur est de 27 m au niveau du transept ; la hauteur sous la voûte est d’environ 16 m. Elle est plus longue que l’ancienne Collégiale qui s’arrêtait au niveau des marches de l’abside. Après la démolition en 1879, la construction de la Basilique débuta en 1883, le gros œuvre fut terminé en 1887 et elle fut livrée au culte en 1892 !


L’idée du projet de construction débuta en 1864. De nombreuses discussions s’étalèrent sur environ 20 ans pour obtenir le démarrage des travaux. Après bien des difficultés, Mr Maignan fut choisi comme architecte : il dirigea le chantier avec les plans de Mr Mallargé et l’entreprise Bellec de St-Quay-Portrieux exécuta le gros œuvre. Primitivement, il était prévu de conserver la tour-clocher, mais on s’aperçut qu’elle n’était pas dans l’axe Rue Notre-Dame-Grand’Rue et ne conviendrait pas à l’architecture de la nouvelle église. A remarquer que les balustres du balcon de la Collégiale ont été récupérés et sont toujours visibles à l’escalier du square Chanoine Blanchet.


Le clocher de style gothique que nous connaissons aujourd’hui, devait atteindre plus de 70 m, mais, faute de moyens, il fut arrêté à 62 m.


LA FAÇADE…

Sur le tympan du porche, figure un ensemble de trois personnages en pierre tendre, sculpté par Charles-Paul Foulonneau (1898) sculpteur local. Ce motif représente la remise de la Relique de la Ceinture à Geoffroy Boterel par le Patriarche de Jérusalem, devant Notre-Dame de Délivrance, assise en majesté. (Le cas d’une vierge assise en majesté est assez rare, il est réservé aux édifices religieux, où l’on célèbre le culte marial.)

Le balcon est flanqué de deux petits clochetons gothiques dont la flèche repose sur des colonnettes ; ils sont terminés par un fleuron en pierre. Juste au-dessus, deux abat-son permettent d’entendre les cloches. Enfin, la partie supérieure du clocher, dont les arêtes sont garnies de crochets en pierre, est ajourée de lanternes, en pierre également. La croix métallique mesure entre trois et quatre mètres.

À L’INTÉRIEUR…

Seize piliers fasciculés, ornés de chapiteaux sculptés, supportent la voûte sur croisée d’ogive  en pierre ; le choix de cette structure a nécessité la construction de supports extérieurs surmontés d’arcs-boutants pour encaisser la poussée de la voûte.

LES PIERRES…

Certaines pierres furent récupérées de la Collégiale ; d’autres parvinrent de la carrière du « Bras d’Argent » (Quintin) ; les pierres intérieures au grain plus fin, de la région de Pontivy et les pierres de voûte du Calvados (le chemin de fer faisant ses débuts).

Les angles en granit du clocher furent extraits des carrières du Marquis de Robien sur le chemin des Perrières.


La première pierre (1883), située au coin gauche de la porte latérale, a cette particularité qu’elle a une partie creuse qui contient un parchemin conservé dans un tube.

A la suite d’un texte concernant l’événement y figurent les noms : du Pape Léon XIII, de l’évêque Mgr Bouché, de chanoine Blanchet curé, des prêtres et bienfaiteurs, du Maire, M. Granier de Bodéléac , des adjoints, conseillers municipaux, de l’architecte M. Maignan et de M. Bellec constructeur.




LES VITRAUX…

L’ensemble des vitraux a été réalisé par l’entreprise Magen-Clamens & Bordereau d’Angers, sauf le vitrail du vœu de 1939-45 (transept nord) promis par les soldats et prisonniers de la seconde guerre mondiale.

Remplaçant une verrière en verre clair, ce vitrail est chargé de dates, de symboles et de personnages résumant l’histoire de Quintin. En partie haute, une rosace à neuf lobes (rare) ; en motif central le couronnement de la Vierge Marie ; juste en dessous le couronnement de N.D. de Délivrance (29 juillet 1934) par Mgr Serrand, évêque de St Brieuc et Tréguier. De chaque côté, nous observons : des dates rappelant des événements historiques.
 Les personnages : ce sont les Saints Patrons d’églises ou chapelles ou couvents ayant existé ou existant dans la Paroisse. En partie basse, nous retrouvons les blasons des vieux métiers pratiqués autrefois à Quintin, et enfin les blasons des familles liées à l’histoire locale. Ce vitrail est l’œuvre des Frères Maumejean de Hendaye, conseillés par le colonel H. Huerre, pour la partie historique. 

Sous le porche, face à la statue, un vitrail représente l’instant du couronnement de 1934 : dessiné par par E. Daube, St Brieuc, il est l’œuvre de l’entreprise Bessac de Grenoble.

ORIGINE DU MOT « BASILIQUE »…

C’est un nom d’origine grecque : BASILEUS (Βασιλεύς), (empereur ou roi). C’était l’édifice ou siégeait ce personnage dans l’antiquité. 

Aujourd’hui ce titre est accordé par Rome, après que l’évêque du Diocèse en ait fait la demande . Il est réservé aux édifices de grandes dimensions (3 ou 5 nefs) où sont organisés des pèlerinages, par exemple. En 1934, lors de la cérémonie du couronnement, un bref du Pape décernait à notre église le titre de Basilique mineure.

Les Basiliques majeures se situent : à Jérusalem, « le Saint Sépulcre », à Béthléem « la Nativité » et à Rome « St Pierre » (Vatican), St Paul, hors les murs, Ste Marie Majeure, et St Jean de Latran.